Double-don

1 mois de toi

Tu étais bien dans ta bulle au creux de moi et j’aimais tellement t’y savoir bien à l’abri que tu as pris ton temps pour venir à notre rencontre, 2 jours après le terme prévu.

L’accouchement a été long et difficile mais tu as crié tout de suite, dès que tu as été posé sur mon ventre. Tu étais juste parfait, en pleine forme surtout et je suis restée sur mon petit nuage quand ils t’ont amené loin de moi et de la froideur du bloc opératoire.

Je t’ai retrouvé en peau à peau contre ton papa. Un moment magique pour lui, pour moi aussi tant son regard brillait de mille étoiles.

Les jours suivants, nous avons appris à faire ta connaissance dans le cocon protecteur de notre chambre à la maternité et sous la surveillance bienveillante du personnel soignant.

Ton papa gérait tout, en particulier les soins puisque je ne pouvais pas rester debout. C’est lui qui a changé tes premières couches, t’a donné ton premier bain (ne t’inquiète pas, il m’a bien tout montré ensuite pour que je puisse moi aussi m’occuper de toi).

Pendant ce temps, toi et moi tentions de nous remettre de la fatigue de l’accouchement. Avec en plus la jaunisse qui s’est déclarée ensuite, tu avais du mal à téter et t’endormais sur mon sein. Avec mon anémie, la montée de lait s’est faite attendre et nous avons été obligés de te supplémenter, avec une sonde pour ne pas perturber l’allaitement.

En quelques jours, tu as récupéré de l’énergie et le lait est arrivé. Tout le monde nous disait la même chose : nous avions un bébé calme, tonique et très éveillé. Cela nous rendait tellement fiers !

Nous avons quitté la maternité confiants. J’étais heureuse de sortir des 4 murs dans lesquels j’étais restée enfermée une semaine. Le retour à la maison a toutefois été un peu agité avec tes deux grands-mères qui ont profité du pont du 1er novembre pour venir te voir. La chambre est devenue notre refuge pour les siestes et les tétées. De nouveau 4 murs mais chez nous, cela changeait tout.

Petit à petit, tu as commencé à pleurer, de plus en plus souvent, de plus en plus fort, nous laissant désarmés quand rien ne réussissait à te calmer. Le verdict est vite tombé : tu perdais du poids, mon lait ne te suffisait pas.

Là, tout s’est écroulé pour moi. Chaque jour, mon moral dégringolait un peu plus et les larmes s’intensifiaient.

Nous avons persévéré mais j’ai vite été usée par les tétées trop rapprochées, les biberons de complètent, le tire-lait. J’avais l’impression d’être devenue une vieille vache laitière, bientôt au rebut, dont on essayait de tirer tout ce qu’on pouvait tant que c’était encore possible.

Et je ne te voyais plus que comme un suceur de sein qui me vidait du peu d’énergie qu’il me restait. Bien loin de l’image de la relation apaisée que je souhaitais bâtir avec toi.

Quand nous avons tout arrêté et sommes passés aux biberons, cette décision me paraissait la seule issue possible et ce choix était complètement assumé. Le hic, c’est que le mal était fait. Je me sentais vide, n’avais plus envie de rien.

Ce sentiment n’a fait qu’empirer quand ton papa a repris le travail. J’étais seule, me sentais seule. Chaque nouvelle journée me paraissait une épreuve insurmontable.

Ton papa lui n’était guère plus en forme. Ces semaines passées à nous porter, la fatigue accumulée des nuits hachées, le souvenir des pleurs incessants et le stress du boulot où ses collègues, nos collègues, ont tout fait sauf le ménager l’ont usés lui aussi.

Chacun son contre-coup finalement, avec ou sans hormones. On ne sort pas indemne d’un combat pour avoir un enfant, même si c’est par la grande porte.

La psy que j’ai rencontrée pour m’aider à affronter tout ça n’a pu que confirmer que c’était d’une logique implacable, qu’il nous fallait faire confiance au temps. Et surtout que nous devions être indulgents avec nous-mêmes.

Elle a peut-être raison. Petit à petit, le soleil revient et l’énergie avec lui. Tu nous surprends et illumines notre quotidien un peu plus chaque jour.

Quand j’ai du mal à me rendormir après un biberon, je me laisse envahir par la sensation de ton petit corps tout chaud blotti contre le mien. Et même si tu dors tranquillement dans ton berceau à côté de moi, je sais que dès le lever du jour, j’aurai la joie de rendre celle-ci bien réelle et de m’enivrer de ta douce odeur de lait.

Je vais aller mieux, ton papa va aller mieux et nous te donnerons tout le bonheur et l’amour que tu mérites.

Petit à petit, nous construirons enfin cette famille dont nous avons tant rêvé.

main_camille

Publicités
Double-don

Les pieds dans l’eau épisode 3

Il y a deux ans, nous sortions de la bulle que nous étions été créée pendant l’été, émergeant littéralement de sous la terre. Et rallumions le téléphone, espérant avec une impatience non dissimulée l’appel qui signerait la fin de l’attente.

L’année dernière, l’attente était finie. Nous reprenions sur les rotules, après un été passé à soigner notre chat gravement malade, à nous remettre de cette tentative de don d’ovocytes en France calamiteuse. Plus de deux ans et demi d’attente pour deux embryons tout pourris. La suite de l’aventure était ailleurs, sous le soleil de Barcelone. Et l’espoir renaissait, doucement, comme une fleur fragile.

Cette année, je suis passée complètement à côté de l’effervescence de la rentrée. Lire la suite « Les pieds dans l’eau épisode 3 »

Double-don

Le bola de grossesse

Au tout début, il y a ce fabuleux taux à 4 chiffres, que je ne cesse de vérifier.

Ensuite, ce bruit doux et régulier. Un battement de cœur, le temps d’une échographie.

Puis de longues semaines d’attente, ponctuées par les migraines et les vertiges. « Ce sont des signes positifs, il a drôlement envie de s’accrocher votre embryon. »

Je suis dans un tel état de stress pour la fameuse écho du 1er trimestre que le médecin ne nous fait pas attendre. Sans même que je n’enlève mon pantalon, nous savons en moins d’une minute que le petit cœur bat toujours et que  la clarté nucale est top. « Ce sont vraiment de beaux gamètes qu’il vous ont donnés, ces espagnols. »

Cette fois, je profite des images et, entre les larmes, essaie de graver autant de détails que possible dans ma mémoire. L’image d’un petit nez retroussé en particulier.

« Je suis si heureuse pour vous, vous devez enfin commencer à y croire. » J’aimerais tant. Presque personne ne sait, nous ne sommes pas prêts à être confrontés à l’enthousiasme de nos proches.

Deux semaines plus tard, nous retrouvons notre médecin traitant qui rentre de vacances. « Donnez-moi votre carte vitale que je fasse la déclaration à la Sécu, les résultats du tri-test sont juste parfaits. » 1/10000. Je lui répète la phrase de l’échographiste sur les gamètes espagnols. Elle rit.

Vient le 1er rendez-vous à la maternité. De la salle d’attente, nous entendons des nouveaux-nés crier. Ce son me serre le ventre. Il me faut du temps avant de réaliser pourquoi nous sommes là.

« Ne t’inquiète pas, quand tu le sentiras bouger, ça deviendra plus concret. » Mes amies essaient de me rassurer comme elles peuvent, et pour l’instant, elles gèrent pour moi.

« J’ai un sac de fringues de grossesse qui t’attend à la maison, je te l’amène dès que tu en as besoin. » […] « J’allais mettre notre lit parapluie en vente, vous le récupérerez la prochaine fois que vous viendrez à la maison. » […] « Je t’ai fait une liste des affaires de bébé qu’il me reste. Quand tu te sentiras prête, on regardera mais n’achète rien avant. »

En bonne élève, j’ai quand même monté les demandes de crèche et récupéré la liste des assistantes maternelles à côté de la maison. Un peu malgré moi, je l’avoue. Cela me paraît toujours aussi irréel de nous imaginer avec un enfant à faire garder dans quelques mois.

Et pourtant… Mon ventre s’arrondit, mes seins n’en finissent plus de grossir et depuis quelque temps, je découvre des sensations inconnues. Des bulles qui éclatent, plus ou moins violemment. J’aime à croire que le petit être qui m’habite découvre la coordination mais ne peux m’empêcher de penser à la prochaine écho, où les images anéantiront peut-être nos espoirs.

Alors, pour l’instant, j’observe le bola de grossesse suspendu au miroir de ma salle de bains et lui préfère la petite robe commandée en promo à la fin de l’été dernier, à une époque pas si lointaine où je commençais à croire que je ne tomberais jamais enceinte.

bola

Double-don

Le syndrome des manchots 🐧

Nous regardons rarement des documentaires animaliers, encore plus rarement sur Arte, mais ce jour-là, nous nous sommes laissés hypnotiser par le bal des manchots.

Cette multitude de fourrures blanches et noires rassemblées sur une terre aride.

Les allers-venues de Papa et Maman Manchot qui se relaient pour couver leur œuf si précieux et aller pêcher.

Les dangers venus du ciel pour l’un, de l’eau pour l’autre.

Certains qui survivent, d’autres non. Telle est la dure loi de la nature.

Et ces courageux manchots qui valeureusement continuent à protéger leur futur bébé.

Les éclosions qui commencent de ci de là.

Et ce couple qui attend patiemment.

Leur œuf n’éclora jamais. C’est désormais un caillou.

Heureusement, nous ne sommes pas des manchots et avons droit à des échographies.

Nous avons pu voir à l’intérieur de l’œuf et y découvrir un petit cœur qui bat.

Chipsie, qui ressemble maintenant plus à un haricot qu’à une chips, semble s’être bien installé dans mon utérus. Pour les huit mois à venir j’espère.

Notre œuf ne s’est pas transformé en caillou. Du moins pas pour l’instant.

Double-don

Chipsie

Faire pipi.

Boire 3 grands verres d’eau.

Etre rejoints par notre référente avec qui nous avons noué un contact privilégié. « Je ne devrais pas être là, il faut que je remonte au bureau mais ça me faisait plaisir de passer vous saluer. »

Etre appelés dans un petit bureau pour régler la vitrification des embryons surnuméraires. Il y en a donc au moins un !

Attendre, un peu.

Monter dans la chambre.

Enfiler les tenues stériles. Charmant, lui, a le droit de garder ses sous-vêtements (mais pas les chaussettes, il y a une justice).

Attendre, un peu.

Lire la suite « Chipsie »

Don d'ovocytes

PFSQOPFC épisode 3 : Du 12 au 27/01

Résumé des épisodes précédents : Blanche poursuit la préparation de son transfert sans sa gynéco qu’elle n’a pas vue depuis fin décembre. Heureusement, maintenant, elle a deux nouveaux soutiens : son échographiste et son médecin traitant. Jusqu’ici tout va bien.

12 janvier 05h32

Les douleurs me réveillent. Je ne suis pas surprise de découvrir le sang.

Je fais un rapide calcul : si cela tombe bien pour l’échographie de ce soir qui se fera bel et bien à J1 finalement, cela signifie un J10 le dimanche 21, et non le lundi 22 comme je l’espérais.

12 janvier 08h56

J’envoie un mail rapide à la clinique pour savoir s’il est possible de ne commencer le traitement d’estradiol qu’à J2, ce qui permettrait de ne pas décaler les contrôles prévus le lundi 22 (et surtout d’éviter de galérer à trouver une solution pour réaliser une prise de sang et une écho un dimanche).

Lire la suite « PFSQOPFC épisode 3 : Du 12 au 27/01 »

Double-don

PFSQOPFC épisode 2 : Du 02 au 04/01

Résumé de l’épisode précédent : après une bonne blague de sa gynéco qui lui a fait croire qu’elle ne lui prescrirait pas tous les médicaments nécessaires à la préparation de son endomètre, Blanche part en vacances l’esprit tranquille. Les médicaments sont bien rangés au fond d’un tiroir, les rendez-vous notés au stylo bille dans son agenda.

02 janvier 10h02

Je me réveille doucement, la tête encore alourdie de notre réveillon un peu trop arrosé. J’ai encore deux jours de répit avant la reprise simultanée du boulot et des traitements mais j’ai besoin de vérifier que tout est prêt.

Je retrouve rapidement mon badge et ma tasse, passée au lave-vaisselle pendant les vacances.

Je ressors aussi le plan de traitement de la clinique et les ordonnances de ma gynéco.

Je réalise alors qu’avec toutes les émotions de fin décembre, un léger détail m’a échappé : l’injection de Décapeptyl ne se fait pas en sous-cutanée mais en intramusculaire. La clinique conseille de la faire pratiquer par un médecin ou une infirmière.

Lire la suite « PFSQOPFC épisode 2 : Du 02 au 04/01 »

Double-don

PFSQOPFC épisode 1 : Du 20 au 22/12

En cette nouvelle année, que je vous souhaite à tous et toutes la plus douce et sereine possible, j’ai l’immense honneur de vous faire découvrir le 1er épisode de ma nouvelle série : « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? » (PFSQOPFC pour les initiés).

Celle-ci raconte l’histoire, somme toute banale, d’un couple en mal d’enfants qui décide de partir en Espagne pour un double-don et de leur gynéco qui s’est engagée à les suivre dans cette aventure.

Vous avez hâte ? Alors commençons !

20 décembre 20h57

A peine plus de 24h après nous avoir annoncé que notre donneuse était en cours de stimulation, la coordinatrice de la clinique nous envoie un nouveau mail indiquant que nous avons des ovocytes vitrifiés. En pièce jointe, le plan de traitement.

Lire la suite « PFSQOPFC épisode 1 : Du 20 au 22/12 »

Double-don

De l’espoir sous le sapin ?

Les mois se suivent et se ressemblent.

Passée l’excitation du début d’une nouvelle aventure,

passée l’agitation de la recherche de médicaments,

passé le déferlement d’émotions suite à cet élan de solidarité incroyable pour lequel je ne saurais comment vous remercier,

la vie reprend son cours, l’attente reprend sa place,

rythmées, un peu, par les vitamines quotidiennes, comme un petit rappel qu’il va peut-être bientôt se passer quelque chose,

rythmées, un peu, par les mails envoyés mensuellement à la clinique avec la date de mes dernières règles.

Cette date de janvier qui approche et à laquelle on ne croit plus vraiment,

à laquelle on pense sans y penser, trop absorbés par la folie de fin d’année au boulot,

trop remués aussi par les préparatifs de ces fêtes qui n’en sont plus vraiment pour nous.

Et puis, soudain, de petits signes.

Cette box que j’ai gagnée chez l’oiseau bleu grâce à IVI France et qu’il me tarde recevoir.

Et puis, ce mail bien sûr, nous informant que notre donneuse est en cours de stimulation, qu’il pourrait y avoir un transfert en tout début 2018.

Cet espoir qui renaît donc pour le mois de janvier à venir.

christmas

A vous toutes qui me lisez, qui passez Noël les bras pleins ou bien le ventre vide, je vous envoie tout mon amour et partage tout l’espoir que je peux.

Double-don

Et si vous pouviez nous aider ?!

Après avoir longtemps posé le pour et le contre, demandé l’avis de la gynéco qui me suis depuis des années, nous avons finalement décidé de nous orienter vers un double-don, en Espagne donc.

Cela n’étant pas autorisé en France, nous ne pouvons prétendre à une prise en charge de la part de la Sécurité Sociale. Ce qui, bien sûr, a un impact financier non négligeable sur notre projet…

Nous sommes prêts à l’assumer, cela va de soit, mais afin de réduire le coût global de cette tentative, aimerions toutefois réussir à fournir à la clinique le traitement de la donneuse.

Nous n’avons pas essuyé de refus définitif de la part de ma gynéco pour nous les prescrire mais elle hésite et je dois reconnaître que je comprends plutôt bien ses réticences.

D’autant que j’ai eu une idée. Un peu folle peut-être, un peu utopique aussi mais sans espoir, je crois que nous aurions tout laisser depuis longtemps.

Je me suis dit que peut-être, en rassemblant des restes de traitement de PMettes de tous horizons, nous réussirions à fournir à la clinique les médicaments demandés.

La liste est la suivante :

  • Cetrotide 0.25 mg : 6 ampoules
  • Gonal F : 3000 unités au total (tous les formats sont autorisés, hormis les stylos pré-remplis)

Avec, pour chaque produit, une date de péremption éloignée de plus 4 mois.

Si jamais vous avez dans vos placards des médicaments inutilisés qui répondraient à ses critères ou que vous connaissez quelqu’un qui connaît quelqu’un (oui, pourquoi pas la belle-fille de la voisine de la coiffeuse), n’hésitez pas à me contacter ou à relayer ce message.

Nous prendrons bien entendu à notre charge les frais d’envoi.

Un énorme merci par avance pour votre aide !

solidarité_don

 

.