2 épisode 2

Bizarrement cette nuit, j’ai bien dormi.

Hier soir, Charmant et moi avons défini un plan d’action pour la suite, juste au cas où l’aventure du don s’arrête là. Se projeter pour mieux rebondir, la fin d’une étape peut marquer le début d’une autre.

Et je me suis endormie comme une masse, les mains sur le ventre et la tête pleine de petits œufs en boîte. Y croire jusqu’au bout, l’histoire n’est pas écrite avant d’être vécue.

La nuit a été bien meilleure que les précédentes. Ce matin, j’étais presque sereine. Je me suis même surprise à 8h25 devant la bouilloire en salle café, hors de portée de la sonnerie de mon téléphone resté sur mon bureau.

Heureusement, j’ai eu le temps de revenir devant mon écran avant qu’il ne sonne à 8h56.

« Nous vous transférons les deux embryons ce matin. Je ne peux pas trop vous dire vers quelle heure, restez joignable. Combien de temps vous faut-il pour rejoindre la clinique ? »

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Il me faut attendre que mon rythme cardiaque se calme pour lui répondre.

« 15 min. Pas de souci, je garde mon téléphone. Mais ils sont de qualité, les embryons ? »

Non, bien sûr, s’ils étaient au top, ils n’en mettraient qu’un et en même temps, ils sont suffisamment bien pour être transférés.

« Il y a de réelles chances de nidation. »

Nus verrons bien. Ce qui compte, pour l’instant, c’est de tout faire pour que nos petits œufs brouillés se sentent le mieux possible dans mon utérus.

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Nous n’avons pas réussi à en savoir plus sur leur qualité.

« Il vous faudra en discuter avec la biologiste mais attendez la prise de sang. Pour l’instant, il faut que vous pensiez à autre chose, que vous vous aériez l’esprit. »

Retour à la case repos donc pour le week-end. Heureusement, j’ai eu de nouveaux livres pour mon anniversaire.

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2

Dans nos rêves les plus fous, bien sûr, nous espérions une flopée de petits embryons. Comme beaucoup d’autres couples.

De manière raisonnable, et compte-tenu de l’état de notre valeureuse troupe (constituée pour rappel de petits soldats dispersés et plus ou moins abîmés), nous nous disions que 2, déjà, ce serait top.

Ce matin, à J2, j’attendais avec la boule au ventre impatience l’appel du labo.

« Nous vous appellerons entre 8h30 et 9h, gardez bien votre téléphone avec vous. »

Autant dire que je me suis greffé le téléphone dans la main, vérifiant toutes les deux minutes le niveau de charge et l’état du réseau.

Mon téléphone, avec sa facétie habituelle, n’a sonné qu’à 9h23, alors que j’étais en pleine discussion technique avec un collègue.

« Vous avez pour l’instant deux embryons. Nous ne ferons pas le transfert aujourd’hui, peut-être demain. On vous rappelle demain matin. »

2 J2 donc. Moches mais encore dans la course.

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Inutile de vous dire combien je voudrais pouvoir les rejoindre dans leur boîte de pétri. Leur transmettre tout mon amour, tout mon espoir. Les encourager à bien poursuivre leur développement. Sans écouter ceux qui leur disent qu’ils sont imparfaits.

Ce n’est pas possible bien sûr. Alors, je mise tout sur la télépathie. Je me surprise à parler à mon utérus vide ce matin, je ne suis plus à ça près.

Et je me dis que sur un malentendu, ça peut marcher. Même si le combat est loin, très loin d’être gagné…

13

Quitte à ce que ce soit le 13, j’aurais préféré un vendredi. Parce que, c’est vrai, un 13 tout seul, c’est un peu incomplet quand même. Et pourtant, j’ai envie d’y croire, moi, en ce 13 imparfait.

Résumé des épisodes précédents :

Blanche a vu son ostéo qui lui a dit qu’elle était une boxeuse qui a besoin de repos. Alors elle se repose. Et, comme il fait beau, passe plus de temps dans sa piscine que devant son PC qui n’est pas waterproof. Et, du coup, ne raconte pas tout…

Pourtant, son contrôle à J14 s’est bien passé.

« L’endomètre est trés beau. » Tout comme lui avait dit son ostéo. Blanche est rassurée.

« Les ovaires sont bien au repos. » Si c’est bien alors tant mieux. Ceci dit, si ça avait été l’inverse, le « ovarienne » de « insuffisance ovarienne », elle leur aurait fait bouffer à ses ovaires.

« Continuez bien votre traitement. Ce sera très vraisemblablement pour fin juin. » Fin juin, cela paraît si loin… Blanche aura un an de plus fin juin. Et en même temps, cela laisse du temps pour la cure énergisante.

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Mon ostéopathe

Mon ostéopathe avant, c’était mon kiné. Il me suit depuis des années, connaît mon corps par cœur. C’était évident pour moi : quand nous aurons reçu l’appel, quand je reprendrai les traitements, la première chose que je ferai sera de prendre un rendez-vous.

Nous recevons l’appel tant attendu mais les traitements ne reprennent pas, pas tout de suiteJ’obtiens finalement mon ordonnance et prends mon premier comprimé dans une chambre loin de chez moi, où nous avons vécu un véritable chaos un an auparavant.

Rapidement, les douleurs au ventre apparaissent, accompagnées de violentes diarrhées. Je préfère mon médecin à mon ostéopathe et c’est, désemparée face à mon sac de Smecta et de Spasfon, qu’enfin, je lui envoie un SMS pour lui demander quoi faire.

Parce que finalement, il n’y a plus d évidence. Ce à quoi je pensais m’être préparée pendant de si longs mois, je ne suis plus sûre de savoir le gérer.

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Ne quittez pas, nous allons prendre votre appel

Quand j’étais petit, je rêvais d’être un standard téléphonique, avec plein de touches, plusieurs appels simultanés et toujours de l’action. Malheureusement, je suis né smartphone et j’ai vite compris qu’il me faudrait trouver une autre voixe.

Quand je suis tombé sur elle, j’étais plutôt content. Au début, on s’amusait bien. Elle racontait tout le temps des histoires rigolotes et on faisait plein de jeux sympas. Petit à petit, elle s’est renfermée. Jusqu’à me tenir complètement à l’écart.

Je passais des journées entières dans son sac à main et quand, enfin, elle s’intéressait un peu à moi, c’était pour mieux me reprocher de ne pas avoir reçu l’appel qu’elle attendait. Alors, bien sûr, ce jour-là, quand le téléphone a sonné, j’ai ri jaune en enregistrant le message.

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Mojitos et paillettes

Des semaines qu’elle n’a pas écrit, des mois qu’elle n’a pas commenté et pour sa réapparition sur la blogo, Blanche nous parle de mojitos… ça y est, c’est sûr, elle a fondu les plombs, la pauvre… Alors, oui. Non. Peut-être. Je crois qu’elle-même ne le sait pas. Lisez, vous serez fixés !

Pour les soirées mojitos, nous sommes 4, 4 collègues. 2 dans un bureau, 2 dans celui d’à côté. Dans le même service mais pas dans la même équipe.

Bientôt, très bientôt, nous ne serons plus que 3. L’une de nous, celle qui partage mon bureau depuis 7 ans (et accessoirement est devenue ma chef l’année dernière),  s’envole vers de nouvelles aventures professionnelles.

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Téléphone : 1 – Blanche : 0

La prochaine échéance que je m’étais fixée dans la guerre contre mon téléphone était mercredi, demain donc. Plus j’y pensais, plus le jour des enfants me paraissait inapproprié pour livrer cette nouvelle bataille. Alors je suis repartie au front sans plus attendre.

Je m’invente une réunion, réserve une salle et m’installe toute seule avec mon PC. Alors que mes collègues me croient en point téléphonique avec un client, je dégaine mon téléphone et compose le numéro du centre de PMA.

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Don d’ovocytes et nullipare : mission accomplie et dommages collatéraux

Donneuse d’ovocytes et sans enfant, E. nous raconte son parcours. Un énorme merci à elle, ainsi qu’à BAMP de nous faire partager son expérience, ses doutes et ses espoirs.

Association de patients de l'AMP et de personnes infertiles.

Nous poursuivons la suite du témoignage d’E. donneuse d’ovocyte sans enfant. Vous pouvez retrouver le début de son témoignage ICI, mais également l’interview à laquelle elle avait répondu pour BAMP ICI. Merci à elle de se livrer ainsi, pour permettre de faire entendre les voix des femmes qui font don de leur gamètes, sans avoir elle-même d’enfant.

Je sais, je n’ai pas donné de nouvelles depuis fort longtemps.  En même temps, je ne savais pas moi même si j’allais revenir ici. Il me fallait d’abord revenir à moi. Et j’en reviens à peine je dois dire.

Alors, comme je ne fais jamais les choses dans l’ordre, je vous écris avant de partir (enfin!) en vacances. Et je crois que cela me fera du bien, j’espère.

J’essaie de faire bref car il est tard et peut-être aurais-je d’autres occasion pour m’attarder plus en détail sur tout ça.

Il y…

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La malédiction du téléphone

Lundi, c’était Halloween. Sorcières, fantômes et monstres en tout genre ont sonné à notre porte pour quérir des bonbons. Histoires effrayantes et bêtisiers de l’au-delà ont envahi les ondes et les écrans. Je ne pouvais laisser retomber ce raz-de-marée d’épouvante sans vous conter la légende du téléphone maudit. Tremblez, lecteurs !

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