Double-don

Le bola de grossesse

Au tout début, il y a ce fabuleux taux à 4 chiffres, que je ne cesse de vérifier.

Ensuite, ce bruit doux et régulier. Un battement de cœur, le temps d’une échographie.

Puis de longues semaines d’attente, ponctuées par les migraines et les vertiges. « Ce sont des signes positifs, il a drôlement envie de s’accrocher votre embryon. »

Je suis dans un tel état de stress pour la fameuse écho du 1er trimestre que le médecin ne nous fait pas attendre. Sans même que je n’enlève mon pantalon, nous savons en moins d’une minute que le petit cœur bat toujours et que  la clarté nucale est top. « Ce sont vraiment de beaux gamètes qu’il vous ont donnés, ces espagnols. »

Cette fois, je profite des images et, entre les larmes, essaie de graver autant de détails que possible dans ma mémoire. L’image d’un petit nez retroussé en particulier.

« Je suis si heureuse pour vous, vous devez enfin commencer à y croire. » J’aimerais tant. Presque personne ne sait, nous ne sommes pas prêts à être confrontés à l’enthousiasme de nos proches.

Deux semaines plus tard, nous retrouvons notre médecin traitant qui rentre de vacances. « Donnez-moi votre carte vitale que je fasse la déclaration à la Sécu, les résultats du tri-test sont juste parfaits. » 1/10000. Je lui répète la phrase de l’échographiste sur les gamètes espagnols. Elle rit.

Vient le 1er rendez-vous à la maternité. De la salle d’attente, nous entendons des nouveaux-nés crier. Ce son me serre le ventre. Il me faut du temps avant de réaliser pourquoi nous sommes là.

« Ne t’inquiète pas, quand tu le sentiras bouger, ça deviendra plus concret. » Mes amies essaient de me rassurer comme elles peuvent, et pour l’instant, elles gèrent pour moi.

« J’ai un sac de fringues de grossesse qui t’attend à la maison, je te l’amène dès que tu en as besoin. » […] « J’allais mettre notre lit parapluie en vente, vous le récupérerez la prochaine fois que vous viendrez à la maison. » […] « Je t’ai fait une liste des affaires de bébé qu’il me reste. Quand tu te sentiras prête, on regardera mais n’achète rien avant. »

En bonne élève, j’ai quand même monté les demandes de crèche et récupéré la liste des assistantes maternelles à côté de la maison. Un peu malgré moi, je l’avoue. Cela me paraît toujours aussi irréel de nous imaginer avec un enfant à faire garder dans quelques mois.

Et pourtant… Mon ventre s’arrondit, mes seins n’en finissent plus de grossir et depuis quelque temps, je découvre des sensations inconnues. Des bulles qui éclatent, plus ou moins violemment. J’aime à croire que le petit être qui m’habite découvre la coordination mais ne peux m’empêcher de penser à la prochaine écho, où les images anéantiront peut-être nos espoirs.

Alors, pour l’instant, j’observe le bola de grossesse suspendu au miroir de ma salle de bains et lui préfère la petite robe commandée en promo à la fin de l’été dernier, à une époque pas si lointaine où je commençais à croire que je ne tomberais jamais enceinte.

bola

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Double-don

Le syndrome des manchots 🐧

Nous regardons rarement des documentaires animaliers, encore plus rarement sur Arte, mais ce jour-là, nous nous sommes laissés hypnotiser par le bal des manchots.

Cette multitude de fourrures blanches et noires rassemblées sur une terre aride.

Les allers-venues de Papa et Maman Manchot qui se relaient pour couver leur œuf si précieux et aller pêcher.

Les dangers venus du ciel pour l’un, de l’eau pour l’autre.

Certains qui survivent, d’autres non. Telle est la dure loi de la nature.

Et ces courageux manchots qui valeureusement continuent à protéger leur futur bébé.

Les éclosions qui commencent de ci de là.

Et ce couple qui attend patiemment.

Leur œuf n’éclora jamais. C’est désormais un caillou.

Heureusement, nous ne sommes pas des manchots et avons droit à des échographies.

Nous avons pu voir à l’intérieur de l’œuf et y découvrir un petit cœur qui bat.

Chipsie, qui ressemble maintenant plus à un haricot qu’à une chips, semble s’être bien installé dans mon utérus. Pour les huit mois à venir j’espère.

Notre œuf ne s’est pas transformé en caillou. Du moins pas pour l’instant.

Double-don

Chipsie

Faire pipi.

Boire 3 grands verres d’eau.

Etre rejoints par notre référente avec qui nous avons noué un contact privilégié. « Je ne devrais pas être là, il faut que je remonte au bureau mais ça me faisait plaisir de passer vous saluer. »

Etre appelés dans un petit bureau pour régler la vitrification des embryons surnuméraires. Il y en a donc au moins un !

Attendre, un peu.

Monter dans la chambre.

Enfiler les tenues stériles. Charmant, lui, a le droit de garder ses sous-vêtements (mais pas les chaussettes, il y a une justice).

Attendre, un peu.

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Don d'ovocytes

PFSQOPFC épisode 3 : Du 12 au 27/01

Résumé des épisodes précédents : Blanche poursuit la préparation de son transfert sans sa gynéco qu’elle n’a pas vue depuis fin décembre. Heureusement, maintenant, elle a deux nouveaux soutiens : son échographiste et son médecin traitant. Jusqu’ici tout va bien.

12 janvier 05h32

Les douleurs me réveillent. Je ne suis pas surprise de découvrir le sang.

Je fais un rapide calcul : si cela tombe bien pour l’échographie de ce soir qui se fera bel et bien à J1 finalement, cela signifie un J10 le dimanche 21, et non le lundi 22 comme je l’espérais.

12 janvier 08h56

J’envoie un mail rapide à la clinique pour savoir s’il est possible de ne commencer le traitement d’estradiol qu’à J2, ce qui permettrait de ne pas décaler les contrôles prévus le lundi 22 (et surtout d’éviter de galérer à trouver une solution pour réaliser une prise de sang et une écho un dimanche).

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Double-don

PFSQOPFC épisode 2 : Du 02 au 04/01

Résumé de l’épisode précédent : après une bonne blague de sa gynéco qui lui a fait croire qu’elle ne lui prescrirait pas tous les médicaments nécessaires à la préparation de son endomètre, Blanche part en vacances l’esprit tranquille. Les médicaments sont bien rangés au fond d’un tiroir, les rendez-vous notés au stylo bille dans son agenda.

02 janvier 10h02

Je me réveille doucement, la tête encore alourdie de notre réveillon un peu trop arrosé. J’ai encore deux jours de répit avant la reprise simultanée du boulot et des traitements mais j’ai besoin de vérifier que tout est prêt.

Je retrouve rapidement mon badge et ma tasse, passée au lave-vaisselle pendant les vacances.

Je ressors aussi le plan de traitement de la clinique et les ordonnances de ma gynéco.

Je réalise alors qu’avec toutes les émotions de fin décembre, un léger détail m’a échappé : l’injection de Décapeptyl ne se fait pas en sous-cutanée mais en intramusculaire. La clinique conseille de la faire pratiquer par un médecin ou une infirmière.

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Double-don

PFSQOPFC épisode 1 : Du 20 au 22/12

En cette nouvelle année, que je vous souhaite à tous et toutes la plus douce et sereine possible, j’ai l’immense honneur de vous faire découvrir le 1er épisode de ma nouvelle série : « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? » (PFSQOPFC pour les initiés).

Celle-ci raconte l’histoire, somme toute banale, d’un couple en mal d’enfants qui décide de partir en Espagne pour un double-don et de leur gynéco qui s’est engagée à les suivre dans cette aventure.

Vous avez hâte ? Alors commençons !

20 décembre 20h57

A peine plus de 24h après nous avoir annoncé que notre donneuse était en cours de stimulation, la coordinatrice de la clinique nous envoie un nouveau mail indiquant que nous avons des ovocytes vitrifiés. En pièce jointe, le plan de traitement.

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Double-don

De l’espoir sous le sapin ?

Les mois se suivent et se ressemblent.

Passée l’excitation du début d’une nouvelle aventure,

passée l’agitation de la recherche de médicaments,

passé le déferlement d’émotions suite à cet élan de solidarité incroyable pour lequel je ne saurais comment vous remercier,

la vie reprend son cours, l’attente reprend sa place,

rythmées, un peu, par les vitamines quotidiennes, comme un petit rappel qu’il va peut-être bientôt se passer quelque chose,

rythmées, un peu, par les mails envoyés mensuellement à la clinique avec la date de mes dernières règles.

Cette date de janvier qui approche et à laquelle on ne croit plus vraiment,

à laquelle on pense sans y penser, trop absorbés par la folie de fin d’année au boulot,

trop remués aussi par les préparatifs de ces fêtes qui n’en sont plus vraiment pour nous.

Et puis, soudain, de petits signes.

Cette box que j’ai gagnée chez l’oiseau bleu grâce à IVI France et qu’il me tarde recevoir.

Et puis, ce mail bien sûr, nous informant que notre donneuse est en cours de stimulation, qu’il pourrait y avoir un transfert en tout début 2018.

Cet espoir qui renaît donc pour le mois de janvier à venir.

christmas

A vous toutes qui me lisez, qui passez Noël les bras pleins ou bien le ventre vide, je vous envoie tout mon amour et partage tout l’espoir que je peux.

Double-don

Et si vous pouviez nous aider ?!

Après avoir longtemps posé le pour et le contre, demandé l’avis de la gynéco qui me suis depuis des années, nous avons finalement décidé de nous orienter vers un double-don, en Espagne donc.

Cela n’étant pas autorisé en France, nous ne pouvons prétendre à une prise en charge de la part de la Sécurité Sociale. Ce qui, bien sûr, a un impact financier non négligeable sur notre projet…

Nous sommes prêts à l’assumer, cela va de soit, mais afin de réduire le coût global de cette tentative, aimerions toutefois réussir à fournir à la clinique le traitement de la donneuse.

Nous n’avons pas essuyé de refus définitif de la part de ma gynéco pour nous les prescrire mais elle hésite et je dois reconnaître que je comprends plutôt bien ses réticences.

D’autant que j’ai eu une idée. Un peu folle peut-être, un peu utopique aussi mais sans espoir, je crois que nous aurions tout laisser depuis longtemps.

Je me suis dit que peut-être, en rassemblant des restes de traitement de PMettes de tous horizons, nous réussirions à fournir à la clinique les médicaments demandés.

La liste est la suivante :

  • Cetrotide 0.25 mg : 6 ampoules
  • Gonal F : 3000 unités au total (tous les formats sont autorisés, hormis les stylos pré-remplis)

Avec, pour chaque produit, une date de péremption éloignée de plus 4 mois.

Si jamais vous avez dans vos placards des médicaments inutilisés qui répondraient à ses critères ou que vous connaissez quelqu’un qui connaît quelqu’un (oui, pourquoi pas la belle-fille de la voisine de la coiffeuse), n’hésitez pas à me contacter ou à relayer ce message.

Nous prendrons bien entendu à notre charge les frais d’envoi.

Un énorme merci par avance pour votre aide !

solidarité_don

 

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Double-don

Le tram bleu

Tout commence pendant mes études lors d’un voyage organisé. Nous sommes en décembre, la tempête fait rage. Le trajet est beaucoup plus long que prévu et nous n’arrivons à destination que tard dans la soirée.

La neige tombe, nous nous éclairons à la lueur de nos téléphones portables. Je suis immédiatement fascinée par le dédale de ruelles sombres à travers lesquelles nous mène notre guide.

Ce sentiment ne se dément pas les jours suivants. Au contraire. Tout pour moi n’est que magie dans cette ville. Je voudrais vivre au milieu des silhouettes fantasmagoriques qui peuplent le toit de la Pedrera, rêve de me perdre dans le parc Guell.

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Don d'ovocytes

Tiroir-caisse

Depuis vendredi et le coup de massue que nous avons reçu, je reste digne, je garde la tête haute.

J’ai pleuré, un peu, samedi matin puis me suis laissée envahir par ce trop-plein d’énergie qu’il me fallait évacuer.

Alors, j’ai rangé, récuré et surtout, lancé notre fameux plan d’action. Notre 1ère consultation dans la clinique espagnole est planifiée, le rendez-vous de debrief aussi.

Le 11 août, par téléphone. La fille de Dieu, qui a repris les affaires de Papa parti à la retraite, n’a aucune autre disponibilité avant octobre.

Quand, ce matin, je reconnais dans l’appel entrant le préfixe du numéro de téléphone du labo, je décroche plutôt surprise, sans trop savoir à quoi m’attendre.

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