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Amoureux à bord

L’autocollant était très mignon. Assez voyant mais juste ce qu’il faut.

A l’avant, un joli couple. Notre âge, je pense, à quelque chose près.

Avec les vitres teintées, ils n’ont pas pu voir le siège auto à l’arrière, ni le bébé qui y jouait tranquillement.

L’autocollant Bébé à bord n’a en revanche pas pu leur échapper. Il est mignon pourtant, pas trop voyant mais juste ce qu’il faut.

Je ne connais pas leur histoire. Je sais juste que dans une autre vie, cela aurait pu être Charmant et moi dans cette voiture.

Et je sais ce que nous aurions ressenti en voyant de jeunes parents se rabattre devant nous. Je ne ressens qu’encore trop bien ce pincement au cœur.

Alors en cette période compliquée pour les amoureux à bord qui n’ont pas choisi cette situation, je ne peux que leur envoyer un énorme câlin. Et leur dire que je pense fort à eux.

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Et le petit deuxième alors ?

Cela a été long. Autant Charmant que moi ne nous trouvions pas légitimes dans notre nouveau rôle de parents.

Le psychiatre n’a pas employé les mots que je redoutais mais juste parce que ma psy spécialisée en EMDR et ma kinésiologue avaient fait des merveilles là où la médecine classique n’avait fait que couvrir mon corps de boutons.

J’ai pu reprendre le travail à temps partiel presque à la date prévue. Petit à petit, la confiance est revenue.

Notre Chipsie grandissait, s’affirmait et ensoleillait notre quotidien.

Aujourd’hui, tout va pour le mieux pour nous 3. Notre petit clown n’a plus rien de la mini-chips de crevette découverte en photo il y aura bientôt 2 ans.

Bien sûr, il y a les dents, les rhumes, les nuits compliquées mais tout ça n’est rien face aux progrès et découvertes quotidiens, aux éclats de rire qui résonnent désormais dans la maison.

« Il sourit sur toutes les photos. »

Nous ne pouvons le nier : notre fils est heureux. Et nous n’y sommes peut-être pas pour rien.

A ma grand surprise, notre entourage ne nous harcèle pas pour le petit deuxième. Il y a bien eu quelques réflexions au boulot mais rien de bien méchant.

Nous y pensons pourtant. Charmant est fils unique et en a beaucoup souffert. En même temps, nous frôlons tous les deux la quarantaine (lui plus que moi) et notre fragile équilibre a été difficile à gagner.

Une seule conclusion s’imposait : il nous reste un Chipsie 2.0 à Barcelone. Notre peut-être petit deuxième. Une seule et unique chance.

Nous ne nous relancerons pas dans une tentative complète. Trop coûteux, sur tous les plans.

« Ne fais pas l’erreur que j’ai faite : calcule pour accoucher en juin. »

Cette phrase, qui m’a tant blessée à l’époque, résonne encore. Comme s’il était possible de calculer une date de grossesse. Cela me paraissait si irréel…

Pour autant, comble de l’ironie, si petit deuxième il y a, ce sera en juin (ou mai ou juillet, je ne pinaillerai pas).

Je ne souhaite pas revivre un congé maternité hivernal, je ne veux pas confier ce potentiel futur bébé à quelqu’un d’autre que notre super nounou.

Charmant veut pouvoir passer le plus de temps possible avec nous et si cela tombe pendant les congés d’été, c’est idéal. En plus, une tentative fin août-début septembre passerait inaperçue.

Sans même nous concerter et pour des raisons complètement différentes, nous avons convergé sur la même date.

Cela m’effraie mais je me sens prête. Je sais que nous serons bien mieux entourés cette fois-ci qu’il y a déjà presque deux ans.

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Question de génétique

Elle a pointé le bout de son nez un vendredi.

« Ça y est, elle a enfin percé ! Elle va être large comme l’autre, c’est bien. »

Tout le week-end, elle a continué son petit bonhomme de chemin, jusqu’à ce qu’on puisse bien la voir.

Elle était beaucoup plus large que sa copine de droite, presque deux fois, avec comme un éclat au milieu.

« Vous ne pensez pas que cela pourrait être une double-dent ? »

Nounou ne connaissait pas. Alors, elle a observé, mené ses recherches.

Le soir, le verdict est tombé :

« Blanche a raison, ça pourrait bien être une double-dent mais vous savez, c’est rare, surtout sur des dents de lait. Et puis, le facteur génétique est important, il y en a dans votre famille ? »

Le père et le fils ont donc tous les deux une double-dent. Sans aucun patrimoine génétique commun.

C’est une jolie coïncidence, non ?

Double-don

1 mois de toi

Tu étais bien dans ta bulle au creux de moi et j’aimais tellement t’y savoir bien à l’abri que tu as pris ton temps pour venir à notre rencontre, 2 jours après le terme prévu.

L’accouchement a été long et difficile mais tu as crié tout de suite, dès que tu as été posé sur mon ventre. Tu étais juste parfait, en pleine forme surtout et je suis restée sur mon petit nuage quand ils t’ont amené loin de moi et de la froideur du bloc opératoire.

Je t’ai retrouvé en peau à peau contre ton papa. Un moment magique pour lui, pour moi aussi tant son regard brillait de mille étoiles.

Les jours suivants, nous avons appris à faire ta connaissance dans le cocon protecteur de notre chambre à la maternité et sous la surveillance bienveillante du personnel soignant.

Ton papa gérait tout, en particulier les soins puisque je ne pouvais pas rester debout. C’est lui qui a changé tes premières couches, t’a donné ton premier bain (ne t’inquiète pas, il m’a bien tout montré ensuite pour que je puisse moi aussi m’occuper de toi).

Pendant ce temps, toi et moi tentions de nous remettre de la fatigue de l’accouchement. Avec en plus la jaunisse qui s’est déclarée ensuite, tu avais du mal à téter et t’endormais sur mon sein. Avec mon anémie, la montée de lait s’est faite attendre et nous avons été obligés de te supplémenter, avec une sonde pour ne pas perturber l’allaitement.

En quelques jours, tu as récupéré de l’énergie et le lait est arrivé. Tout le monde nous disait la même chose : nous avions un bébé calme, tonique et très éveillé. Cela nous rendait tellement fiers !

Nous avons quitté la maternité confiants. J’étais heureuse de sortir des 4 murs dans lesquels j’étais restée enfermée une semaine. Le retour à la maison a toutefois été un peu agité avec tes deux grands-mères qui ont profité du pont du 1er novembre pour venir te voir. La chambre est devenue notre refuge pour les siestes et les tétées. De nouveau 4 murs mais chez nous, cela changeait tout.

Petit à petit, tu as commencé à pleurer, de plus en plus souvent, de plus en plus fort, nous laissant désarmés quand rien ne réussissait à te calmer. Le verdict est vite tombé : tu perdais du poids, mon lait ne te suffisait pas.

Là, tout s’est écroulé pour moi. Chaque jour, mon moral dégringolait un peu plus et les larmes s’intensifiaient.

Nous avons persévéré mais j’ai vite été usée par les tétées trop rapprochées, les biberons de complètent, le tire-lait. J’avais l’impression d’être devenue une vieille vache laitière, bientôt au rebut, dont on essayait de tirer tout ce qu’on pouvait tant que c’était encore possible.

Et je ne te voyais plus que comme un suceur de sein qui me vidait du peu d’énergie qu’il me restait. Bien loin de l’image de la relation apaisée que je souhaitais bâtir avec toi.

Quand nous avons tout arrêté et sommes passés aux biberons, cette décision me paraissait la seule issue possible et ce choix était complètement assumé. Le hic, c’est que le mal était fait. Je me sentais vide, n’avais plus envie de rien.

Ce sentiment n’a fait qu’empirer quand ton papa a repris le travail. J’étais seule, me sentais seule. Chaque nouvelle journée me paraissait une épreuve insurmontable.

Ton papa lui n’était guère plus en forme. Ces semaines passées à nous porter, la fatigue accumulée des nuits hachées, le souvenir des pleurs incessants et le stress du boulot où ses collègues, nos collègues, ont tout fait sauf le ménager l’ont usés lui aussi.

Chacun son contre-coup finalement, avec ou sans hormones. On ne sort pas indemne d’un combat pour avoir un enfant, même si c’est par la grande porte.

La psy que j’ai rencontrée pour m’aider à affronter tout ça n’a pu que confirmer que c’était d’une logique implacable, qu’il nous fallait faire confiance au temps. Et surtout que nous devions être indulgents avec nous-mêmes.

Elle a peut-être raison. Petit à petit, le soleil revient et l’énergie avec lui. Tu nous surprends et illumines notre quotidien un peu plus chaque jour.

Quand j’ai du mal à me rendormir après un biberon, je me laisse envahir par la sensation de ton petit corps tout chaud blotti contre le mien. Et même si tu dors tranquillement dans ton berceau à côté de moi, je sais que dès le lever du jour, j’aurai la joie de rendre celle-ci bien réelle et de m’enivrer de ta douce odeur de lait.

Je vais aller mieux, ton papa va aller mieux et nous te donnerons tout le bonheur et l’amour que tu mérites.

Petit à petit, nous construirons enfin cette famille dont nous avons tant rêvé.

main_camille

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Les pieds dans l’eau épisode 3

Il y a deux ans, nous sortions de la bulle que nous étions été créée pendant l’été, émergeant littéralement de sous la terre. Et rallumions le téléphone, espérant avec une impatience non dissimulée l’appel qui signerait la fin de l’attente.

L’année dernière, l’attente était finie. Nous reprenions sur les rotules, après un été passé à soigner notre chat gravement malade, à nous remettre de cette tentative de don d’ovocytes en France calamiteuse. Plus de deux ans et demi d’attente pour deux embryons tout pourris. La suite de l’aventure était ailleurs, sous le soleil de Barcelone. Et l’espoir renaissait, doucement, comme une fleur fragile.

Cette année, je suis passée complètement à côté de l’effervescence de la rentrée. Lire la suite « Les pieds dans l’eau épisode 3 »

Double-don

Le bola de grossesse

Au tout début, il y a ce fabuleux taux à 4 chiffres, que je ne cesse de vérifier.

Ensuite, ce bruit doux et régulier. Un battement de cœur, le temps d’une échographie.

Puis de longues semaines d’attente, ponctuées par les migraines et les vertiges. « Ce sont des signes positifs, il a drôlement envie de s’accrocher votre embryon. »

Je suis dans un tel état de stress pour la fameuse écho du 1er trimestre que le médecin ne nous fait pas attendre. Sans même que je n’enlève mon pantalon, nous savons en moins d’une minute que le petit cœur bat toujours et que  la clarté nucale est top. « Ce sont vraiment de beaux gamètes qu’il vous ont donnés, ces espagnols. »

Cette fois, je profite des images et, entre les larmes, essaie de graver autant de détails que possible dans ma mémoire. L’image d’un petit nez retroussé en particulier.

« Je suis si heureuse pour vous, vous devez enfin commencer à y croire. » J’aimerais tant. Presque personne ne sait, nous ne sommes pas prêts à être confrontés à l’enthousiasme de nos proches.

Deux semaines plus tard, nous retrouvons notre médecin traitant qui rentre de vacances. « Donnez-moi votre carte vitale que je fasse la déclaration à la Sécu, les résultats du tri-test sont juste parfaits. » 1/10000. Je lui répète la phrase de l’échographiste sur les gamètes espagnols. Elle rit.

Vient le 1er rendez-vous à la maternité. De la salle d’attente, nous entendons des nouveaux-nés crier. Ce son me serre le ventre. Il me faut du temps avant de réaliser pourquoi nous sommes là.

« Ne t’inquiète pas, quand tu le sentiras bouger, ça deviendra plus concret. » Mes amies essaient de me rassurer comme elles peuvent, et pour l’instant, elles gèrent pour moi.

« J’ai un sac de fringues de grossesse qui t’attend à la maison, je te l’amène dès que tu en as besoin. » […] « J’allais mettre notre lit parapluie en vente, vous le récupérerez la prochaine fois que vous viendrez à la maison. » […] « Je t’ai fait une liste des affaires de bébé qu’il me reste. Quand tu te sentiras prête, on regardera mais n’achète rien avant. »

En bonne élève, j’ai quand même monté les demandes de crèche et récupéré la liste des assistantes maternelles à côté de la maison. Un peu malgré moi, je l’avoue. Cela me paraît toujours aussi irréel de nous imaginer avec un enfant à faire garder dans quelques mois.

Et pourtant… Mon ventre s’arrondit, mes seins n’en finissent plus de grossir et depuis quelque temps, je découvre des sensations inconnues. Des bulles qui éclatent, plus ou moins violemment. J’aime à croire que le petit être qui m’habite découvre la coordination mais ne peux m’empêcher de penser à la prochaine écho, où les images anéantiront peut-être nos espoirs.

Alors, pour l’instant, j’observe le bola de grossesse suspendu au miroir de ma salle de bains et lui préfère la petite robe commandée en promo à la fin de l’été dernier, à une époque pas si lointaine où je commençais à croire que je ne tomberais jamais enceinte.

bola

Double-don

Le syndrome des manchots 🐧

Nous regardons rarement des documentaires animaliers, encore plus rarement sur Arte, mais ce jour-là, nous nous sommes laissés hypnotiser par le bal des manchots.

Cette multitude de fourrures blanches et noires rassemblées sur une terre aride.

Les allers-venues de Papa et Maman Manchot qui se relaient pour couver leur œuf si précieux et aller pêcher.

Les dangers venus du ciel pour l’un, de l’eau pour l’autre.

Certains qui survivent, d’autres non. Telle est la dure loi de la nature.

Et ces courageux manchots qui valeureusement continuent à protéger leur futur bébé.

Les éclosions qui commencent de ci de là.

Et ce couple qui attend patiemment.

Leur œuf n’éclora jamais. C’est désormais un caillou.

Heureusement, nous ne sommes pas des manchots et avons droit à des échographies.

Nous avons pu voir à l’intérieur de l’œuf et y découvrir un petit cœur qui bat.

Chipsie, qui ressemble maintenant plus à un haricot qu’à une chips, semble s’être bien installé dans mon utérus. Pour les huit mois à venir j’espère.

Notre œuf ne s’est pas transformé en caillou. Du moins pas pour l’instant.

Double-don

Chipsie

Faire pipi.

Boire 3 grands verres d’eau.

Etre rejoints par notre référente avec qui nous avons noué un contact privilégié. « Je ne devrais pas être là, il faut que je remonte au bureau mais ça me faisait plaisir de passer vous saluer. »

Etre appelés dans un petit bureau pour régler la vitrification des embryons surnuméraires. Il y en a donc au moins un !

Attendre, un peu.

Monter dans la chambre.

Enfiler les tenues stériles. Charmant, lui, a le droit de garder ses sous-vêtements (mais pas les chaussettes, il y a une justice).

Attendre, un peu.

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Don d'ovocytes

PFSQOPFC épisode 3 : Du 12 au 27/01

Résumé des épisodes précédents : Blanche poursuit la préparation de son transfert sans sa gynéco qu’elle n’a pas vue depuis fin décembre. Heureusement, maintenant, elle a deux nouveaux soutiens : son échographiste et son médecin traitant. Jusqu’ici tout va bien.

12 janvier 05h32

Les douleurs me réveillent. Je ne suis pas surprise de découvrir le sang.

Je fais un rapide calcul : si cela tombe bien pour l’échographie de ce soir qui se fera bel et bien à J1 finalement, cela signifie un J10 le dimanche 21, et non le lundi 22 comme je l’espérais.

12 janvier 08h56

J’envoie un mail rapide à la clinique pour savoir s’il est possible de ne commencer le traitement d’estradiol qu’à J2, ce qui permettrait de ne pas décaler les contrôles prévus le lundi 22 (et surtout d’éviter de galérer à trouver une solution pour réaliser une prise de sang et une écho un dimanche).

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Double-don

PFSQOPFC épisode 2 : Du 02 au 04/01

Résumé de l’épisode précédent : après une bonne blague de sa gynéco qui lui a fait croire qu’elle ne lui prescrirait pas tous les médicaments nécessaires à la préparation de son endomètre, Blanche part en vacances l’esprit tranquille. Les médicaments sont bien rangés au fond d’un tiroir, les rendez-vous notés au stylo bille dans son agenda.

02 janvier 10h02

Je me réveille doucement, la tête encore alourdie de notre réveillon un peu trop arrosé. J’ai encore deux jours de répit avant la reprise simultanée du boulot et des traitements mais j’ai besoin de vérifier que tout est prêt.

Je retrouve rapidement mon badge et ma tasse, passée au lave-vaisselle pendant les vacances.

Je ressors aussi le plan de traitement de la clinique et les ordonnances de ma gynéco.

Je réalise alors qu’avec toutes les émotions de fin décembre, un léger détail m’a échappé : l’injection de Décapeptyl ne se fait pas en sous-cutanée mais en intramusculaire. La clinique conseille de la faire pratiquer par un médecin ou une infirmière.

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